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Pourquoi y a-t-il des trous sur les lisières des tissus ?

Si vous regardez bien vos tissus chaîne et trame (c’est à dire les tissus tissés) (ce n’est pas le cas sur les tissus en maille), vous remarquerez que sur les bords dans 99% des cas il y a des petits trous sur les côtés/lisières. Mais pour quelle raison ?

Trous sur une lisière de tissu crêpe
Trous sur une lisière de tissu crêpe

Ce ne sont pas des milliers de petites mites qui sont venues trouer les bords, ni le Poinçonneur des Lilas qui fait des heures supplémentaires (vous me remercierez ce soir quand vous aurez encore la chanson dans la tête…), mais pour des raisons techniques de fabrication des tissus.

Les petits trous apparaissent lors de la finition/apprêt du tissu. Le tissu est installé sur une rame d’apprêt (une chaîne sans fin) et tenu en place par des milliers de petites aiguilles de part et d’autre de la lisière, ce qui crée ces petits trous.

Trous sur une lisière de coton imprimé
Trous sur une lisière de coton imprimé

L’objectif de l’apprêt est multiple mais le principal est de sécher le tissu et de rééquilibrer sa construction entre la trame et la chaîne (= faire en sorte que les fils de chaîne et de trame soit parallèles les uns par rapport aux autres et bien perpendiculaires entre eux).

Les rame les plus avancées permettent également d’effectuer certains types d’ennoblissements chimiques (par vaporisation, pulvérisation, etc…) en même temps que l’apprêt mécanique (pour une idée de ce qu’est l’ennoblissement textile vous pouvez regarder ici: https://fr.wikipedia.org/wiki/Ennoblissement ou ici http://www.institut-metiersdart.org/metiers-d-art/textile/ennoblisseur-textile ).

 

Une rame d’apprêt

Les tissus avec des lisières sans trous sont en général apprêtés sur des rames avec des clips mais ceux-ci ne permettent pas un rééquilibrage optimal du tissu.

Et sinon ces petits trous peuvent avoir une utilité imprévue, celle de vous permettre de retrouver l’endroit d’un tissu… Vous trouverez un très bon tutoriel à ce sujet sur le site de Sacotin https://sacotin.com/comment-trouver-lendroit-dun-tissu .

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Le musée du chirimen à Kyoto (Arashiyama)

« Chirimen Kaizukan » ou Chirimen Craft Museum (qui peut se traduire pour les non anglophones par « Le musée de l’artisanat en chirimen »), comme son nom ne l’indique pas, n’est pas un musée, mais un magasin, et même une chaîne de magasins à Kyoto (6 en tout à l’heure où j’écris ces lignes).

Logo du musée
Musée du chirimen

Le magasin principal se trouve à Kyoto, près de la gare d’Arashiyama, un lieu que je vous recommande fortement pour des visites touristiques de beaux temples et jardins dans un cadre montagneux agréable. N’y allez pas pour le magasin uniquement, mais profitez d’une journée à Arashiyama pour visiter le magasin.

Arashiyama et ses paysages de verdure
Arashiyama et ses paysages de verdure
La forêt de bambous d'Arashiyama
La forêt de bambous à Arashiyama
Ancienne porte de temple
Vieille porte d’un temple

Vous y trouverez une multitude de très beaux objets en chirimen, de quoi faire de jolis cadeaux ou trouver l’inspiration pour de jolies créations pour celles et ceux qui préfèrent le fait maison. Ça n’est pas forcément donné, mais le tissu chirimen en lui-même est assez cher dû à sa technique de tissage spécifique, et les objets proposés sont vraiment très mignons, plein de couleurs et créés avec goût. Même s’il ne s’agit pas d’un vrai musée, la boutique vaut le détour, n’hésitez pas à vous y rendre.

 

Le musée du chirimen
Le musée du chirimen
Entrée du musée du chirimen
Entrée du musée
Des mobiles en chirimen
Des mobiles en chirimen
Petits objets en chirimen
Petits objets en chirimen

Plus d’informations, mais tout en japonais malheureusement, sur le site de la boutique : http://www.chirimenzaikukan.com

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Atelier shibori à Arimatsu

A la suite de l’article sur le musée du shibori à Arimatsu, voici le compte-rendu de notre atelier shibori au musée. Comme nous disposions de peu de temps (environ 1 heure), nous avions opté pour le mouchoir, mais il est possible de réaliser des objets plus grands (foulards…).

Le patron est préparé sur le tissu blanc
Le patron est préparé sur le tissu blanc
Tout d'abord on coud le fil sur les lignes de points
Tout d’abord on coud le fil sur les lignes de points
Ensuite on serre puis on entoure de façon bien serrée avec le fil
Ensuite on serre puis on entoure de façon bien serrée avec le fil

Une fois tous les nœuds réalisés, vous avez fini la première partie, et pouvez repartir, après avoir tout de même précisé la couleur de teinture souhaitée et laissé vos coordonnées.

7 à 15 jours après vous recevez chez vous votre œuvre teinte (en bleu pour nous).

Mouchoir reçu par la poste
Mouchoir reçu par la poste
Le mouchoir est teinté mais comporté toujours les noeuds
Le mouchoir est teinté mais comporté toujours les noeuds
On enlève soigneusement chaque nœud et fil
On enlève soigneusement chaque nœud et fil
Les motifs restés blancs apparaissent progressivement jusqu'à ce que le dessin complet sit visible
Les motifs restés blancs apparaissent progressivement jusqu’à ce que le dessin complet soit visible
Ne reste plus qu'à laver le mouchoir à l'eau froide et à le laisser sécher.
Ne reste plus qu’à laver le mouchoir à l’eau froide et à le laisser sécher.
Et voilà le résultat, un beau mouchoir en shibori
Et voilà le résultat, un beau mouchoir en shibori

Et bien entendu, si vous avez compris la technique, il est parfaitement possible de faire la même chose chez vous avec de la teinture textile et vos propres motifs. Ce n’est pas très difficile, mais par contre assez long, surtout pour les motifs serrés et précis, ce qui explique le prix élevé (et amplement justifié) de ces tissus.

Pour notre part, lors de l’atelier, nous avons appris 3 techniques différentes de shibori (mais il en existe beaucoup d’autres) :

  • hira-nui hikishime shibori : coudre le long d’une ligne en points réguliers et bien resserrer le fil à la fin. C’est cette technique qui a créé le dessin de la tige sur le mouchoir ;
  • ne-maki shibori : entourer un petit bout de tissu avec le fil plusieurs fois au même endroit en serrant bien. C’est cette technique qui a donné les petits cercles ;
  • tsumami maki-age shibori : cette fois on entoure le motif de l’extérieur vers l’intérieur progressivement avec le fil (cf. la 2ème photo en bleu). C’est cette technique combinée avec hira-nui hikishime shibori qui a donné les pétales des fleurs.

Un grand merci à nos hôtesses du musée du shibori pour nous avoir tout expliqué très gentiment et nous avoir enseigné les rudiments du shibori.

D’autres articles à venir plus tard sur d’autres techniques de shibori…

 

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Le musée du shibori à Arimatsu

Arimatsu est une ville de la préfecture d’Aichi, à environ 25 minutes de la gare de Nagoya par la ligne Meitetsu-Nagoya en train, et elle est intéressante pour deux raisons :

1/ vous pouvez y voir de vieilles maisons traditionnelles japonaises

Rue traditionnelle à Arimatsu

Rue traditionnelle à Arimatsu

Maisons traditionnelles à Arimatsu

Maisons traditionnelles à Arimatsu

2/c’est un lieu historique du shibori depuis le 17ème siècle, et on y trouve un musée du shibori.

Musée du shibori à Arimatsu

Le musée du shibori à Arimatsu

Mais le shibori, c’est quoi ? Vous vous souvenez des motifs hippies un peu psychédéliques blancs sur fond coloré ? Et bien c’est la même chose. Il s’agit en fait de colorer des tissus après avoir fait des nœuds qui créeront des motifs en restant moins colorés ou même blancs après teinture. De nos jours on emploie de plus en plus le terme shibori, mais plus traditionnellement cette technique est appelée selon sa terminologie anglaise « tye and die », ce qui veut tout simplement dire nouer et teindre en français.

Évidemment ce n’est pas si simple, il existe une multitude de techniques permettant d’obtenir des motifs variés, que les japonais ont perfectionné de manière impressionnante. Pour plus d’efficacité, chaque artisan du shibori est d’ailleurs spécialisé dans une seule technique de nouage/motif, et c’est encore un autre artisan qui va gérer la teinture, et d’autres personnes qui vont défaire les nœuds, rincer les tissus, etc.

Une démonstration de shibori

Démonstration de shibori

Réalisation de noeuds de shibori

Les nœuds de shibori sont réalisés à une vitesse impressionnante par cette spécialiste

Le musée est composé d’une boutique où vous pouvez trouver divers produits en tissu shibori (écharpe, portes-monnaie, sacs, etc.), et à l’étage d’une exposition expliquant l’histoire du shibori et montrant divers motifs ainsi que des pièces de vêtements historiques (dont des habits de samouraï en armure). On vous y montrera également une vidéo explicative, en japonais si vous maîtrisez la langue du pays du soleil levant, ou en anglais sinon, tout est prévu !

Motifs variés de shibori

Motifs variés de shibori réalisés selon différentes techniques de nouage

Vous pouvez également réaliser votre propre création en shibori lors des ateliers proposés (attention, il faut réserver à l’avance). Testé et apprécié par nous pour vous. Mais ceci fera l’objet d’un autre article…

Si vous passez par Nagoya, Arimatsu vaut vraiment le détour, d’autant plus si vous vous intéressez aux tissus japonais. Pour plus d’informations sur le musée du shibori, vous pouvez consulter la page web du musée : http://www.shibori-kaikan.com/kaikan-e.html (en anglais ou japonais).

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Tissus japonais et petite largeur

Un point sur un aspect particulier des tissus japonais : leur largeur.

Comme vous pouvez le voir sur la boutique, contrairement à la France où le standard veut que la largeur soit plutôt de 140 cm, au Japon c’est plutôt 110 cm pour les tissus standards (coton par exemple), même si parfois on trouve également des largeurs de 90 ou 70cm.

Pour les kimonos, la largeur standard va de 36 à 42 cm, et un kimono est normalement fabriqué à partir d’un seul morceau de tissu d’environ 12 m de long (et traditionnellement entièrement cousu à la main, même si aujourd’hui on peut les coudre en partie à la machine, mais seulement en partie…). Regardez bien la façon dont est fait un kimono, vous verrez qu’il n’est constitué que de panneaux étroits de tissu.